Métiers manuels : quand les préjugés ont la vie dure

Aujourd’hui on parle beaucoup des métiers du numérique, des entreprises prestigieuses, des postes à grosse responsabilité etc. On nous dit que pour réussir dans la vie il faut faire des études toujours plus longues, dans les plus grandes écoles et travailler dans un bureau. Mais que se passe-t-il quand on en a tout simplement pas envie ? Et si on se remettait à travailler avec nos mains, à construire, bâtir, confectionner ? Si ces verbes te parlent et que les métiers manuels ça te tente alors cet article est pour toi !

Artisanat, bâtiment, alimentation : la société à besoin d’eux

Tu as certainement déjà remarqué que, souvent, la société à tendance à dévaloriser les métiers manuels en les considérant comme inférieurs aux autres. Annonce à tes parents / tes profs que tu veux devenir pâtissier, ébéniste ou fleuriste et tu verras ce qu’ils te répondent : “t’as pas envie de faire un vrai métier ?” “t’es trop intelligent pour faire ça” “fais d’abord des études on verra après”…Évidemment tous ne réagissent pas comme ça et cela ne part pas d’un mauvais sentiment, ils veulent simplement ce qu’ils estiment de mieux pour toi.

Si ça se trouve, même toi tu penses la même chose, et pourtant ! La société a besoin de toutes ces personnes qui travaillent de leurs mains. Que ferions-nous sans eux ? Observe toutes ces choses autour de toi : les immeubles, les objets, la nourriture… et demande-toi comment elles ont été conçues. Tu vois, il y a de quoi être fier de ces métiers, sans eux nous n’aurions rien à vendre ni à consommer.

Les derniers gouvernements ont tout de même pris conscience de l’importance de ces compétences et ont observé une baisse du nombre de travailleurs dans ces domaines. C’est pourquoi des mesures ont été prises pour encourager la formation des apprentis et revaloriser les savoir-faire.

métier manuel

Le manuel, aussi important que l’intellectuel

On a tendance à placer les tâches intellectuelles au-dessus des tâches manuelles. Mais qui a dit que pour confectionner de beaux gâteaux on ne se servait pas de son cerveau ? Force est de constater qu’il faut quand même de la créativité et une parfaite maîtrise des techniques pour travailler dans l’artisanat. 

Mais d’où ça vient ces préjugés sur les métiers manuels alors ? J’ai mené l’enquête et il se trouve que dans les années 1980 il était très courant d’orienter les jeunes avec de mauvaises notes vers des métiers manuels (particulièrement le bâtiment) qui permettaient une entrée rapide dans la vie active. Les salaires étaient aussi beaucoup plus bas que pour d’autres métiers dit “sédentaires” qui nécessitent des études plus longues. Aujourd’hui, on envoie plutôt ces jeunes vers ces fameuses “voies de garage”, une route à sens unique qui n’a qu’une seule destination : un métier, un poste, un salaire, le même, toute la vie.

Heureusement, à cause du manque de main d’oeuvre qualifiée dans les domaines de la restauration, du BTP ou de la fleuristerie, les métiers manuels suscitent de plus en plus d’intérêt et ce sont des secteurs qui recrutent (même si c’est un peu moins vrai pour les métiers d’art). Alors, si tu as toujours été attiré par un travail manuel mais que tu n’oses pas en parler, fonce !

N’essaie pas de te convaincre à tout prix qu’un métier dans un bureau te plairait. Trouve un max d’infos sur le domaine ou le métier dont tu rêves (les débouchés, les conditions de travail, le salaire, le recrutement etc.) et expose ces arguments à ton entourage lorsqu’il aura des doutes sur ton avenir. Ça te permettra aussi de bien être informé des contraintes liées à ce métier. Car si les métiers manuels sont souvent exercés par des passionnés, il ne faut pas oublier que ce sont pour la plupart des métiers exigeants.

fleuriste

Travailler avec ses mains pour se sentir mieux ? La revanche des métiers manuels

Quand je parle d’orientation, je cite pratiquement tout le temps les jeunes. Mais beaucoup d’adultes sont aussi concernés par une reconversion professionnelle et doivent, par conséquent, retourner à la case départ pour trouver une nouvelle voie. Depuis quelques années, la parole se libère sur le mal être au travail, on accepte enfin de parler de burn out (une dépression nerveuse causée par une surcharge de travail). La mode est à l’écoute de son corps et à la recherche du bien-être. Beaucoup d’adultes quittent alors leur poste pour se diriger vers des métiers manuels pour, peut-être, y trouver le bonheur.

Mais pourquoi ce choix ? Exercer un métier manuel serait-il un retour aux sources ? Une manière de renouer avec le concret, de redonner du sens à ses journées ? Si certains apprécient le fait de pouvoir se mettre à son compte, beaucoup d’artisans parlent de passion pour désigner leur travail. Créer de ses propres mains, le contact avec la matière, la fatigue physique qui nous indique qu’on a bien travaillé : est-ce que tu ne trouves pas tout ça super valorisant ?

Moi si, alors je t’encourage à écouter tes envies, à ne pas avoir peur du jugement, à ne pas avoir honte. L’unique honte revient à ceux qui véhiculent encore les préjugés sur les métiers manuels. Et si tu n’es pas tout à fait sûre du chemin à emprunter, viens discuter avec moi pour éclaircir tes idées 😉

J’ai un scoop : les métiers manuels ne connaîtront pas la crise, on en aura toujours besoin. Coupe, scie, démolis, peins si ça te chante. Aucun métier ne vaut plus que l’autre, ils sont tous utiles. Alors si tu veux être menuisier, couturier ou boulanger, vas-y ! Tu as au moins l’avantage de savoir ce que tu veux (et ça, crois-moi, c’est déjà un grand pas !)

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