Cette chère voie de garage - Charly

Cette chère voie de garage

Tu vois le garage ? Allez, gare-toi juste ici. Joli créneau, parfait. Comme ça tu ne bouges pas. Ni devant, ni derrière. Il n’y a aucune issue possible. Pas de débouché. Coincé à vie.

Qui rêve de se retrouver dans une telle situation ? Personne. Non, vraiment personne. C’est pourtant comme ça qu’on appelle certaines filières, à tort. Parfois dès la 3ème, tout ton entourage contemple la situation tristement, et, résigné, accepte cette « voie de garage ». C’est souvent comme ça qu’on désigne certains bacs professionnels ou technologiques.

Dès que tu quittes la voie générale royale, d’un coup le panorama se rétrécit. Pourtant tu trouves ça plutôt pas mal. Apprendre de vrais trucs qui vont te servir dans la vie. Des choses concrètes, dont le résultat est immédiat. Tu es parfois fier, après avoir suivi les instructions qu’on t’a données, de tomber sur le bon résultat. Il t’arrive aussi d’inventer de nouvelles manières de faire.

Tu entends souvent parler de débouché. Pas au pluriel, mais au singulier. Comme si à 15, 16 ou 17 ans, parce que tu as choisi ou qu’on t’a orienté dans cette voie, ton avenir allait être tout tracé. Comme si tu n’allais exercer qu’un seul métier dans ta vie et garder le même salaire et le même cadre de travail.

Tu es pourtant rassuré d’apprendre un vrai métier ou des matières spécialisées. En plus, ce métier-là, il existe partout dans le monde. Donc quel que soit l’endroit où tes pas t’emmèneront, tu seras capable de monter ta propre activité super facilement. Et même si tu restes ici, le jour où tu ne veux plus avoir de chef, avec les quelques années d’expérience derrière toi, tu pourras devenir ton propre patron.

Tu les vois, les autres. Ils font de longues, très longues études, ne savent toujours pas ce qu’ils veulent faire, mais sont persuadés de trouver un job facilement, même si concrètement ils n’ont pas appris grand-chose. En même temps, ils ont le temps d’y penser, d’y réfléchir et de trouver chaussure à leur pied. Mais toi, c’est pas trop ton truc.

Toi, tu as déjà validé cette étape. Tu es un expert. On te recrute pour tes compétences et ton savoir-faire. Cette technique que tu possèdes signifie que tu peux l’exercer n’importe où. Ce qu’il faut décider maintenant, c’est le premier cadre dans lequel tu vas la déployer. Car ce que tu vas faire l’an prochain n’est pas du tout ce que tu vas faire toute vie.

L’objectif immédiat est de poursuivre ton apprentissage. De l’approfondir et de faire tes preuves pour que chaque année, chaque expérience t’apprenne quelque chose de nouveau. Travailler avec de nouvelles personnes, dans une autre ville, un autre pays, dans une grande entreprise, une petite entreprise ou tout seul dans ta propre affaire. Les environnements de travail sont tellement différents, et tu as toute la vie pour les découvrir.

Tu possèdes un pouvoir magique certain. Tu sais faire quelque chose de tes mains. Tes idées se transforment tout de suite en solutions. Ta créativité bouillonne et s’exprime clairement. Pourtant, tu as souvent l’impression que tout le monde n’est pas d’accord avec ça.

Ton entourage proche, tes profs, les autres, et tous ceux que tu ne connais pas. Tu ne sais pas pourquoi, mais ces voies qui t’apprennent à exercer un vrai métier, parfois manuel, artistique, créatif ou même dans les chiffres et la comptabilité, toutes ces voies sont souvent dévalorisées. Le comble, ceux qui enseignent ces matières sont parfois les premiers à les dénigrer.

Tu n’es pas comme les autres et aucun autre n’est comme toi. C’est ce qu’on appelle être unique. Dès l’âge de 3 ans, on t’a appris à passer plusieurs heures par jour assis sur une petite chaise, devant une petite table. Quand tu as grandi un peu plus, il n’y avait déjà plus que de récrées par jour. Encore après, il a fallu que tu passes de plus en plus de temps à réviser, travailler, et réviser encore. Certaines choses t’ont intéressées, d’autres un peu moins.

Très vite il a fallu faire un choix. Tu avais quelques idées, vraiment rien de définitif, mais tu n’étais pas sûr de vouloir renoncer à certaines matières. Certes, tu étais déjà super habile de tes mains. Ou alors, tu adorais les enfants. Ou encore le marketing, la gestion, l’informatique. Mais tu aurais bien pu continuer certaines matières, ne pas y renoncer tout de suite.

Te laisser une porte ouverte pour apprendre de nouvelles choses, créer des passerelles, rediriger ton choix juste au cas où. Mais c’était déjà trop tard. Dans ta tête, le lycée idéal aurait pourtant été celui où tu passes la matinée à apprendre des choses théoriques, générales, d’ouverture et de culture, et l’après-midi à approfondir ton expertise. Travailler toutes ces choses où tu es super compétent.

Pour qu’enfin au lycée, il y ait une ouverture vers le monde professionnel et vice versa. Il y a aussi (souvent) le cas où tu n’as pas choisi d’être là. On a pris tes bulletins de notes, on a décidé pour toi, et tu te retrouves à apprendre une profession qui ne t’attire pas vraiment. Les notes l’ont décidé pour toi. Ces fameuses notes qui ne tolèrent ni rêveries, ni plaisir, ni stress devant une feuille blanche. Ces commentaires de professeurs avec qui tu as finalement très peu interagi.

Ils ne te connaissent pas, tu ne te connais pas encore très bien, et pourtant tu as déjà le travail qu’il va falloir que tu exerces toute ta vie. C’est ce qu’ils disent tous. Tu as la chance d’avoir un job, un patron, un salaire, estime toi heureux. C’est vrai, ils sont nombreux à galérer pour trouver un job.

Mais ils sont aussi très nombreux à pouvoir switcher, passer d’un boulot à un autre, évoluer, progresser, avoir des promotions, aller de pays en pays, faire le tour du monde, devenir célèbre, gagner de l’argent, passer du temps avec leurs amis, leur famille, bref, à ne pas se sentir enfermé dans une seule et unique voie.

Aujourd’hui ce qu’il faut que tu retiennes c’est que toi aussi tu peux switcher si tu n’es pas heureux dans tes études ou dans ton job. Le lycée accepte souvent mal les changements de filières, mais tous les ans de plus en plus d’élèves décident de prendre leur courage à deux mains et de changer. Ils ne le regrettent jamais. Idem à la fac. Tous ceux qui se réorientent, c’est-à-dire presque 1 sur 2 dès la première année de fac, ont eu — à un moment donné — la force de s’écouter et de faire le changement qui leur permet de se rapprocher de leurs envies.

Le plus important, c’est d’aimer ce que tu fais. Ça paraît tout bête dit comme ça mais c’est pourtant tellement vrai ! Voie professionnelle, technologique ou générale. Peu importe. Tu aimes travailler, réviser, faire de longues études, passer des concours. Ou au contraire, étudier t’intéresse peu ou pas du tout, tu aimes faire des choses de tes mains et gagner ton propre argent rapidement. Ou encore tu es à la fois l’un et l’autre : tu es passionné, tu sais ce que tu veux et peu importe le niveau d’étude qu’il faut pour y arriver, tu fonces !

Tu bouges maintenant pour construire demain. Jusqu’à maintenant, tu t’es contenté de suivre ce qu’on a décidé pour toi ou ce que tu as choisi en fonction de tes envies. Fini de suivre une route toute droite ! La voie de garage, tu ne comprends même pas ce que ça veut dire, et tu refuses d’y croire. Ta vie ne s’arrête pas maintenant, elle ne fait que commencer. Un jour toi aussi tu seras patron. Ou pas si ce n’est pas ton truc.

Tu pourras reprendre des études, apprendre sur le tas, tenter des expériences, travailler en association, faire un mini tour du monde. Et même dans ton boulot, aujourd’hui, tu découvres des personnes formidables, et si elles ne le sont pas, on te prendra tout de suite ailleurs. C’est normal, tu as un pouvoir magique !

Souviens-toi d’Harry Potter. Il a fallu attendre de longs chapitres (ou films !) avant de reconnaître son talent. Mais toi, ce n’est pas un coup de baguette qui va te sortir de là, mais juste une chose incroyable qui décuple tes forces et qu’on appelle la MOTIVATION. Et un petit coup de main de ton génie, j’ai nommé Charly 😉

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